Ça y est… voilà 3 semaines que je suis rentrée du Maroc… la tête est encore un peu là-bas pour tout vous dire !! 

Quelle aventure, quelle expérience !! On m’avait prévenue.. « attention quand tu y auras goûté tu ne voudras plus t’arrêter »… je comprends bien pourquoi maintenant !! 

Je ne réalisais vraiment pas ce qui m’attendait ! J’ai fait plein d’erreurs de débutante mais j’ai aussi appris plein de choses du coup… 

Tout d’abord physiquement, je n’étais pas suffisamment préparée, mes 22 kg auraient mérité un peu de renfort, mon cœur plus d’endurance, mes poumons moins de tabac et mes bras plus de muscle… 

Techniquement heureusement que j’avais fait ces stages, ils m’ont permis de boucler toutes les étapes dont j’ai pris le départ, en roulant à mon rythme mais sur tous les terrains empruntés (bon, je ne compte pas la première journée que je considère comme l’étape d’acclimatation 😉 )

Au niveau du matériel, ma plus grosse erreur a été de ne pas prendre de tripmaster ! Comment naviguer au roadbook sans tripmaster ?!! Mais alors comment ai-je pu l’oublier ??!!  

Comme jusqu’à peu de temps avant le départ je pensais partir pour le Trophée Roses des Sables et qu’il fallait le louer obligatoirement chez eux, j’ai complètement zappé ce petit « détail » en changeant d’avis pour le Raid Passion Désert… jusqu’au jour où les premiers pilotes sont arrivés à Fès… je me suis alors rendue compte de mon erreur ! 

Je regrette aussi de ne pas avoir pris de sac à roulettes et surtout de l’avoir beaucoup trop chargé ! Certains hôtels étaient immenses, alors trimbaler le sac du camion à la chambre s’est souvent transformé en corvée… 

En ce qui concerne la navigation, je n’ai pas osé rouler seule pendant toutes ces étapes, je me concentrais surtout sur la conduite… J’ai parfois permis d’éviter qu’on se trompe de piste et à l’inverse je nous ai parfois induits en erreur… J’ai compris qu’il est très important de se faire confiance, ne surtout pas toujours se fier aux traces des autres et en cas d’erreur revenir en arrière plutôt que d’essayer de couper pour rejoindre le point GPS ! 

Les étapes

J’ai pris le départ de 7 étapes sur les 10 que comportait le Raid. Je les ai toutes bouclées sauf la première. 

15 octobre : Fès -Midelt

Cette première journée a été difficile, physiquement et psychologiquement. J’ai roulé avec Eric. 

Après 150 km nous nous sommes retrouvés dans un oued dont le passage a été compliqué par les pluies des jours précédents. Direct en arrivant on a vu trois 4X4 qui attendaient pour franchir de gros rochers, la pluie commençait à tomber… Je me suis mis le stress, le coeur s’est mis à battre la chamade, j’étais fatiguée…lorsque j’ai croisé le CP quelques km plus loin on a décidé de charger ma moto et d’arrêter pour la journée.  J’ai fini l’après-midi en 4×4 avec Dan et Pascale, on faisait la fermeture. On est rentrés par la route. 

Malheureusement Eric, qui lui a continué, s’est fait mal au genou en tombant 7 km plus loin et n’a plus pu rouler pendant tous les autres jours…

En rentrant je n’en menais pas large et je me suis dit que ça allait être compliqué d’aller au bout de ces 10 jours …

16 octobre : Midelt – Erfoud

Le deuxième jour j’ai roulé avec Pierre. Première étape faite en entier, soit plus de 300 km. Contente d’arriver ! 

Les paysages étaient magnifiques, les pistes ont varié entre oueds remplis de cailloux, chemins roulants, passages de cols et premières pistes ensablées. 

Lors d’une petite chute dans un oued j’ai cassé mon cale-pied droit, juste avant d’arriver à la partie du roadbook qui annonçait « Piste défoncée sur 20 km » ! Parfait ! 

Au début, j’ai essayé de caler mon pied sur le cadre mais ce n’était pas du tout pratique ! Pas moyen de rouler assise non plus, trop fatiguant et idéal pour tomber ! 

Mais le pick-up d’assistance mécanique n’est jamais bien loin ! On a pu réparer provisoirement le cale pied avec un collier de serrage et j’ai pu finir l’étape comme ça sans problème. Merci aussi à mes 22 kg pour le coup ! 

En arrivant le soir j’étais super fière de moi, et je crois que Pierre aussi ! D’ailleurs, vu comme ça avait commencé la veille, ils n’avaient pas tous misé sur moi pour finir l’étape… 

J’étais aussi rassurée quant à la suite et commençais à me dire que finalement j’y arriverai peut-être…

17 octobre : Erfoud – Tazzarine

Au réveil j’avais les mains en feu et les ampoules sur les paumes récoltées la veille n’arrangeaient pas les choses ! Je me suis dit que ça allait être compliqué de rouler et j’ai décidé de ne pas prendre le départ. En fait j’avais beaucoup d’appréhension aussi… Le fait que je ne sois pas avec une équipe ou une autre personne pour prendre le départ me faisait stresser. Les pistes la veille étaient impressionnantes et je ne me voyais pas me lancer seule dans ce milieu qui peut vite devenir hostile.

J’étais donc en Pick Up avec Billy toute la journée, nous avons suivi les pilotes sur la piste en fermant la marche. 

J’ai découvert les premières sensations dans des petites dunes et j’en ai profité pour m’entraîner à la navigation au roadbook, même si Billy avait la trace GPS.

On a dégusté les fameuses merguez de Roro au CP café… Une super journée ! 

J’ai découvert les plaisirs du 4×4. Mes mains se sont reposées et les ampoules ont séché ! De quoi être en forme pour le lendemain !

18 octobre : Tazzarine – Tazzarine

De retour sur la ligne de départ, Jean-Louis s’était proposé la veille pour rouler avec moi.

C’était une petite étape en boucle, de quoi me rassurer en partant. 

Déjà le fait que ce soit une boucle nous dispensait de ranger et trimbaler nos sacs de voyage le matin avant le départ !  

Le problème de rouler plus lentement que les autres c’est qu’on roule dans la poussière de tous ceux qui doublent jusqu’à ce qu’ils s’éloignent suffisamment… ce matin-là ça m’a pas mal gênée pour démarrer… mais ensuite c’était vraiment très sympa, j’ai trouvé mon rythme et la vue était magnifique… Nous sommes arrivés à Zagora où nous avons mangé un délicieux Tajine. 

Pour le retour à l’hôtel, nous pouvions prendre soit la piste soit la route. On était partis pour faire la piste, mais nous nous sommes trompés, ce qui nous a emmené sur une portion vraiment caillouteuse dès le départ… j’ai libéré Jean-Louis qui a continué par la piste et j’ai rejoint la route pour finir, contente de pouvoir poser mes fesses sur la selle et de pouvoir relâcher la main droite sur le guidon….

19 octobre : Tazzarine – Erfoud

J’étais accompagnée de Florent pour cette 4ème étape. 

Comme presque tous les matins, beaucoup d’appréhension au démarrage, et ce jour-là j’ai mis plus de temps que les autres jours pour me mettre dedans et me connecter à la moto. J’avais dormi 2h à tout casser, à chaque fois que je bougeais ma main droite je me demandais comment je pourrai tenir le guidon de la moto pendant toute la journée… 

j’ai pris quelques antidouleur et au bout de quelques heures j’ai enfin commencé à prendre du plaisir au guidon de la moto !

Les paysages étaient magnifiques encore une fois et on se sentait vraiment dans le désert : mer de sable, petites dunes, pistes ensablées… un bonheur après tous ces cailloux les jours précédents !

On a croisé des bivouacs, des 4X4 du Trophée Roses des Sables, des pilotes de l’Africa Eco Race… L’un d’eux était suivi d’un hélico… 

La montée dans la mer de sable était exceptionnelle ! Cette sensation de liberté… 

On a continué la journée avec notamment un oued sablonneux de près de 15 km… de quoi faire chauffer les bras…

C’était vraiment une super journée, moi qui avais hésité encore une fois à prendre le départ ! C’est ce jour-là que j’ai vraiment pris du plaisir en moto dans le sable pour la première fois. Cette sensation quand tu as l’impression de ne faire qu’un avec la moto, et que tu pourras passer n’importe où… grisante !

Comme quoi, vraiment, « ne jamais abandonner au bivouac ! », on ne sait jamais quelles surprises va réserver la journée qui s’annonce !!

20 octobre : Erfoud – Erfoud

Rémi et Greg m’ont accompagnés pour cette journée tant attendue dans les dunes de Merzouga. 

Ce matin-là j’étais plus détendue que les autres jours pour prendre le départ. J’étais super motivée, rassurée par la journée de la veille et prête à appliquer tous les conseils qu’on m’avait donné les jours précédents

Quand-même, plus on se rapprochait du CP à l’entrée des dunes, plus leur imposante silhouette devenait impressionnante… Mais une fois lancée, l’appréhension a laissé la place au plaisir de rouler entourée de tels paysages !

Côté technique j’ai essayé d’appliquer tout ce que j’avais entendu et appris… et j’ai finalement réussi à profiter ! 

Quand on est arrivés en haut de cette immense dune, difficile de ne pas s’extasier ! Tout avait l’air tout petit en bas, une montgolfière posée au loin qui elle aussi paraissait toute petite … L’étendue de sable avait l’air immense en revanche…

La moto est tombée plus d’une fois, le camelbak s’est vite vidé ! Le CP café au milieu du cordon m’a bien réconfortée avant de repartir !

Presque à la fin du cordon de sable, impatiente d’arriver quand-même, je me suis faite expulser de la moto par une herbe à chameaux… je l’ai vue au dernier moment, pas le temps de l’éviter… mais plus de peur que de mal !

Le coup de stress et la fatigue aidants, j’ai fini les dernières centaines de mètres par les fonds de dunes avec un sol plus dur.

Tout le monde avait un grand sourire au CP ! On était tous super contents de notre matinée ! 

Certains ont fait une deuxième boucle dans les dunes et l’après-midi était libre…nous on avait méchoui au bord de la piscine chez Brahim, un régal !

Une excellente journée !

21 octobre : Erfoud – Missour

Pas de courage au réveil, la main en feu, KO de la journée de la veille… J’ai décidé de ne pas rouler et de partir en pick-up avec Abï et son papa. 

C’est à partir de ce jour qu’on ne s’est plus quittées avec Abï ! 

J’ai profité du voyage pour piquer un petit somme, nous avons mangé tous ensemble avec les autres membres de l’orga et nous sommes arrivés à Missour assez tôt finalement, pile poil pour le couscous de midi… enfin… c’était sans compter les 2 heures d’attente pour le couscous… 🙂

On a pris nos marques dans nos chambres / tentes et tous les pilotes sont arrivés petit à petit…

Pour une fois, ça faisait du bien d’être à l’hôtel tôt et de pouvoir profiter de la fin d’après-midi avec tout le monde !

22 octobre : Missour – Missour

Dans la même lancée que la veille, pas le courage encore une fois. Peur d’être en galère, de me faire mal… C’était une petite étape en boucle. Plusieurs pilotes n’ont pas roulé, soit pour se reposer, soit pour régler les soucis mécaniques.

Je suis aussi restée à l’hôtel avec Abï. On a profité du calme pour faire une bonne sieste matinale et les grillades de midi nous ont régalé les papilles ! 

Un pilote s’est perdu ce jour-là. Il roulait sans roadbook et a fini par tomber en panne d’essence dans un endroit inaccessible aux 4×4 de l’assistance.

Toute une équipe est partie le chercher le soir. Ils ont fini à pied pour le rejoindre vers 5h du matin. Tout est bien qui finit bien !

23 octobre : Missour – Matarka

Jean-Louis m’a à nouveau proposé de rouler avec moi pour cette étape. 

Ça a mal commencé parce qu’on s’est perdus dès le départ et on a fait presque 40 km en plus…

Mais tout s’est ensuite bien passé ! 

Nous étions quand même contents d’arriver au bivouac le soir, bons derniers encore une fois..

L’ambiance était déjà bien animée ! 

Le temps de prendre la douche, Jean-François avait déjà mis le son à fond dans le SSV… le ton de la soirée était donné ! 

Cette soirée au bivouac se finira sous les notes d’harmonica jouées par Cédric, tous réunis autour du feu, sous le ciel étoilé… 

24 octobre : Matarka – Saïdia

Dernier départ, dernière étape… le ciel au réveil est couleur de feu… J’ai roulé avec Florent ce jour-là.

On se met tout de suite dans le bain avec un petit passage un peu technique (pour moi en tous cas) où je me retrouve à devoir sauter au-dessus d’une ravine assez profonde mais pas trop large heureusement…

Après ça, le bonheur pendant des km et des km… des pistes super roulantes et faciles dans de grandes étendues sans personne à des km à la ronde…

Puis j’ai eu de plus en plus de mal… la main toujours douloureuse et ankylosée, ça finissait par m’obséder ! Je roulais encore plus doucement que d’habitude et il a fallu que je fasse plusieurs pauses.

Petite aventure de dernière étape, en sortant d’un oued, au lieu de prendre la piste, j’ai continué tout droit sur ce que je pensais être le bon chemin et d’un coup j’ai été bloquée net, presque à passer par-dessus le guidon… en regardant par terre j’ai tout de suite compris : une mare de boue !

Les bottes et la moto se faisaient ventouser et aspirer au moindre mouvement.

Heureusement les 4×4 d’assistance étaient là et à 5 on a réussi à sortir la moto ! A deux on aurait bien galéré je pense…

On n’a pas vu l’endroit où on pouvait manger et j’ai dû me contenter de barres de céréales…j’en pouvais plus du sucre, je rêvais d’une bonne omelette berbère ! Heureusement les 4X4 d’assistance ont fini par nous rejoindre, m’ont rempli le camelbak, nous ont donné du jambon cru et du saucisson ! Exactement ce qu’il me fallait à ce moment-là !

La fin a été difficile, je comptais les km de pistes avant de rejoindre le bitume.. je ne savais plus rouler…

Mais les paysages étaient splendides ! On est passé par un chemin qui serpentait entre les arbres, jusqu’à atteindre le bord de mer et Saïdia… 

Cette fois c’était fini, on a rendu nos balises Owaka et pris le temps de réaliser que ces 10 jours étaient passés bien vite finalement ! 

Le rythme des journées

Si je devais résumer en un mot : INTENSE !!

Le matin le départ se faisait soit à 8h soit à 8h30. Le petit dej’ commençait à partir de 6h30.

Le temps de s’équiper et de charger ce maudit sac (pour les étapes qui n’étaient pas en boucle), l’heure du départ était vite là. 

Les journées comptaient souvent un peu plus de 300 km alors avec mon rythme, pas vraiment le temps de s’arrêter à part pour le CP café, très attendu, en fin de matinée, les pleins d’essence, la pause déjeuner et les arrêts aux différents CP. 

En général si on arrivait après 17h au dernier CP il fallait finir par la route… je crois que personne n’a été dans ce cas. 

Souvent on pouvait faire le plein d’essence juste avant d’arriver à l’hôtel. 

En arrivant on échangeait le carton des CP et la balise kilométrique contre le roadbook du lendemain.

Je filais ensuite récupérer mon sac et la clé de la chambre pour prendre une bonne douche chaude et me changer ! 

Puis c’était le moment mécanique s’il y avait besoin et préparation du roadbook du lendemain. 

S’il restait du temps je pouvais profiter de l’apéro – frites à la buvette avant d’aller au briefing.

Il y a avait des étudiants ostéo qui pouvaient s’occuper de nous le soir, mais ils étaient souvent pris d’assaut ! 

Pendant le briefing, Yves nous faisait un petit récap’ de la journée et nous donnait des infos sur le roadbook du lendemain. Ca me stressait un peu parfois (souvent) parce qu’il annonçait les dangers de la journée. Mais c’est vrai que ça concernait surtout les 4×4, en moto souvent ça passait très bien en fait…

Ensuite c’était le repas. Toujours un très bon moment tous ensemble autour du buffet ! 

Puis il restait la dernière mission, installer le roadbook du lendemain dans le dérouleur, avant de filer au dodo ! 

Merci !!

À mes partenaires qui m’ont aidée à concrétiser ce projet depuis le début et qui ont répondu présents quand je leur ai demandé leur aide. 

À mes proches qui m’ont soutenue et encouragée !

À Pro Raid Organisation pour leur travail et leur bienveillance et pour les superbes photos qui nous permettent de conserver ces images ailleurs que dans notre tête !

Enfin, à toutes les personnes que j’ai rencontrées sur le raid, qui m’ont aidée, remotivée quand il le fallait, rassurée, encouragée, et un peu « bousculée » parfois ! 

Ces 10 jours resterons gravés dans ma tête !